ARTICLE DE NICE-MATIN DU 3 FÉVRIER 2026

Une dizaine d’élèves volontaires du collège Carnot ont suivi un « cours » sur le travail des gendarmes de l’identité criminelle et des maîtres-chiens à la caserne.


Cadavre au sol, pistolet Beretta à proximité de la tête impactée par balle et traces de pas ensanglantés.

Meurtre ? Suicide ? Comme pour chaque scène de crime, ce sera aux techniciens de l’Identité criminelle de la gendarmerie, basée à Nice, de récolter les indices qui aideront les enquêteurs.

« Tout ce qu’on relève, empreintes, traces ADN, sera confronté aux autres éléments, souligne l’adjudante Céline De-Gregorj. La question est de savoir si ce qu’on va trouver est compatible avec ce que disent les témoins… »

L’action se déroule dans le garage même de la caserne de gendarmerie à Grasse. Alors que la pluie bat son plein dehors, comme dans Seven.

Derrière les balises jaunes, l’attention d’une dizaine de collégiens de Carnot est à son comble.

Habitués aux séries TV américaines, ces ados peuvent échanger avec des « experts », en vrai !

Car en réalité, le défunt n’est qu’un mannequin de démonstration, l’arme factice et la scène de crime, un cours particulier.

Une session organisée conjointement par Mathieu Guiboux, professeur d’histoire géo qui a monté une classe « défense », et le commandant Mathieu Jarnigon, chef de la compagnie de Grasse.

Ce dernier s’est d’abord rendu dans l’établissement scolaire pour exposer les différents corps de métier de la gendarmerie, avant ces applications pratiques sur site (six à huit par an). 

Une autre vision du gendarme


Voilà que les collégiens, après avoir découvert comment les Techniciens de l’identité criminelle (TIC) utilisent le bluestar pour détecter les traces de sang invisibles, apprennent à prélever une empreinte.

Un jeu de Cluedo qui vaut toutes les classes !

« On travaille sur une matière qui intéresse tout le monde, et les élèves, très curieux, nous demandent : c’est quoi le plus gore que vous avez découvert ? », s’amuse l’adjudant Fabien Delatre.

Un enseignement insolite, mais aussi un échange, qui permet à ces jeunes de voir les gendarmes autrement.

« Ils se rendent compte qu’on n’est pas seulement sur le bord de route pour verbaliser les automobilistes. »

Pour certains, il naîtra peut-être même une vocation. « J’aimerais en faire mon métier, mais comme enquêtrice », pointe déjà Luna, tandis que sa copine Léa voudrait partir à la chasse aux indices et ne craint pas le gendarme : son tonton porte l’uniforme !

« En tout cas, le contact est sympa et pour nous, ça change de la compagnie des cadavres », sourit Céline De-Gregorj.

Arnaud et Maxime, de la brigade cynophile de Gilette, prennent déjà le relais.

Et Taîga, femelle Malinoise au flair infaillible pour détecter les stups, ne pense plus qu’à jouer avec ses nouveaux copains. Décidément, cette formation ne manque pas de chien…